Aux Îles Canaries, ABORA est la divinité suprême du peuple Guanche. __________________________ ABORA: UNE HISTOIRE FABULEUSE 1- L'AUTRE ABORA Mais plus près de nous, au Québec, Abora c'est Marco Réardon, artiste pluridisciplinaire de Montréal: webmestre, référenceur, photographe, tourneur de manivelle d'orgue de Barbarie. En un mot, c'est lui le capitaine du vaisseau Abora et aussi le seul maître à bord, car Abora ne compte aucun associé, aucun employé, aucun pigiste, pas même de réceptionniste. Non plus de luxueux bureaux dans une tour à étages au centre-ville dans lesquels des dizaines d'employés s'affairent. Quand on téléphone chez Abora, c'est au concepteur de son site web lui-même que l'on parle. Pas d'intermédiaire, pas de temps perdu à retourner des tonnes d'appels. L'efficacité à l'état pur. 2- UN P'TIT GARS PAS COMME LES AUTRES Marco Réardon est né dans l'Outaouais, d'un père officier de l'armée canadienne d'origine irlandaise et d'une mère québécoise pure laine, dont les ancêtres, venus de Lisieux en Normandie, se sont installés au Québec vers 1825.  | Dès l'âge de cinq ans, ses parents s'aperçoivent qu'ils ont engendré un phénomène: le petit Marco fait seul et sans aide son lit tous les matins, nettoie sa chambre sans qu'on le lui demande, range ses jouets, essuie la vaisselle et aime coller son nez en trompette contre la fenêtre lorsqu'il pleut à l'extérieur! À neuf ans, il demande à son papa un gallon de peinture couleur océan Pacifique pour décorer lui-même les murs de sa chambre de la vieille maison de la rue St-Louis. Ce qu'il obtint dare-dare. |
Près du lit dans lequel il s'endort tous les soirs en rêvant, se cache au plafond un escalier relié par une corde à une poulie et menant à un immense grenier datant du dix-neuvième siècle où s'entassent une multitude d'objets oubliés et qui servent de matière première aux multiples bricolages et inventions du petit Marco. L'imagination en mouvement.  À l'âge de 2 ans à Hull. |  | | En Allemagne à 8 ans en compagnie de sa soeur Sylvie et de son frère cadet Bruno. |
À Versailles à l'âge de 7 ans, avec Sylvie (11 ans) et Bruno (3 ans).
 Comme tous les garçons de son âge, il se passionne aussi pour le hockey.
3- UN CADEAU D'ANNIVERSAIRE POUR LE MOINS DÉTERMINANT Les années passent, de déménagements en déménagements (la carrière militaire du papa oblige!), le petit Marco grandit puis est frappé à l'âge de treize ans d'une passion violente: il découvre la photographie, grâce à un appareil «Brownie» reçu en cadeau d'anniversaire de son oncle. Très rapidement, il installe, avec son papa complice, un petit laboratoire photo noir et blanc au sous-sol de la maison qu'ils habitent. Tirages à partir d'un agrandisseur horizontal fabriqué à même une caisse d'oranges en bois et une lentille de projecteur View-Master, planches contact avec les vitres de vieux encadrements, tout fonctionne comme dans un vrai atelier de photographe, pour le plus grand bonheur de nos deux complices. 4- MORSURE VIOLENTE À seize ans, plutôt que de rejoindre les copains dans les ruelles du quartier St-Dominique pour fumer des cigarettes en cachette ou fomenter des coups tous aussi pendables les uns autres, Marco achète, dans une petite boutique de la rue St-Jean, une «Miranda», son premier appareil photo 35mm réflexe à objectifs interchangeables, avec lequel il photographie des yeux de mouches, des antennes d'escargots, des racines d'oignons tordues.  Son univers familial devient source d'inspiration; son frère Bruno, de quatre ans son cadet, sa soeur Sylvie, de quatre ans son ainée, sont ses modèles préférés pour de longues séances de pose. Dès qu'il a un peu de temps libre, Marco saute sur sa Vespa blanche et parcourt les campagnes avoisinantes de Québec pour photographier ruisseaux, cascades, fleurs et champignons. 5- L'APPEL DE JUIN 67 Après un bref séjour en science (chimie) à l'université Laval, Marco se rend compte que ce qui l'intéresse le plus c'est la photo, beaucoup plus que la chimie organique et les figures de Lissajous. Il part donc étudier à New York en 1967 cet art auprès de professionnels et maîtres chevronnés. C'est à ce moment qu'il fait l'acquisition de son premier appareil photo Hasselblad, un rêve vieux de plusieurs années! 1968 marque l'ouverture à Québec de son premier studio de photographie publicitaire et le début d'une carrière des plus florissantes. 
Tout baigne alors pour lui, car à cette époque les agences de publicité poussent comme des champignons et seule une petite poignée de photographes se partagent cet incroyable marché. Il réalise alors des campagnes photographiques pour nombre de clients importants dont Hydro-Québec, Desjardins, Québec-Téléphone, Soquem (la Société des Mines), Bombardier, Radio-Canada. Se succèdent également de nombreuses expositions dans divers lieux de culture dont le Musée du Québec qui ouvre ses portes pour la toute première fois à des photographes. 
 | Exposition de groupe au Musée du Québec en 1971: pour la première fois des photographes exposent dans ce haut lieu de la culture. De gauche à droite: Marco Réardon, François Brunelle, Eugène Kedl, Hans Krieber, Marc Ellefsen, Luc Chartier. |
 Autoportrait avec Hasselblad 500EL, 1975
6- LIBERTÉ CHÉRIE 1984: année déterminante dans la vie de Marco. Arrivé au sommet d'une carrière brillante, artiste reconnu et respecté de ses pairs, publié dans les plus importants magazines, l'oiseau Marco a envie de voler plus haut, rêve d'une autre vie, d'ailleurs plus nourrissants, de cieux plus bleus. Le 4 septembre 84, il quitte le Québec avec sa fiancée Jeanne-Mance à la conquête de l'Europe. Sa seconde passion, l'orgue de Barbarie, qui remonte elle-aussi à l'adolescence, le mène alors en France où il apprend le métier de «tourneur de manivelle» et de «noteur de cartons perforés» auprès du Maître Michel Hocquet à Malzéville, près de Nancy. Il fait alors connaissance avec la vraie liberté, celle d'aller où bon lui semble, quand il en a envie. De villages en villages, de pays en pays, il égrène les jolies mélodies sorties de son orgue de Barbarie dans les foires, kermesses, marchés, écoles, fêtes. Afin de mieux placer sa voix, il s'inscrit à des cours de chant privés dispensés par Madame Lançon, cantatrice de grande renommée, alors directrice du conservatoire de Perpignan. Habiter dans un camion et se déplacer au gré du temps pour gagner sa vie comble Marco ravi du choix de sa nouvelle existence.  Avec Jeanne-Mance au festival international de Dijon
 Au festival des vendanges de Moissac (Tarn-et-Garonne)
 Dans un marché en Dordogne
 Représentant le Québec au festival des orgues d'Oingt-en-Beaujolais
 Au festival international de musique mécanique de Castelmoron-sur-le-Loth
De nombreux festivals de musique mécanique l'accueillent, un réseau d'amis se tisse, les enregistrements musicaux se succèdent. Télés, radios, journaux s'intéressent à son parcours inusité: quitter une vie de photographe reconnu pour sillonner les routes de France avec un orgue de Barbarie, vivre dans un camion, c'est peu commun, quand-même! Quelques coupures de presse des journaux de l'époque: L'orgue de la liberté... (lire la suite) Le photographe et la fonctionnaire ont tout vendu au Québec... (lire la suite) Une fête hors du temps dans un décor de Moyen-Âge... (lire la suite) 7- GRANDE VADROUILLE ET CAMIONS Quiconque n'a jamais vécu dans un camion ne peut se douter à quel point ce genre de vie est différent du camping traditionnel au mois de juillet dans des terrains conçus à cet effet. Cela demande de l'organisation, de la discipline et aussi une bonne dose de confiance en soi pour surmonter imprévus et aléas du quotidien. Rien n'est jamais assuré et vivre sans aucune idée de ce que vous réserve le lendemain pourrait en effrayer plus d'un.  Notre 2 Cv achetée en 1984 à notre arrivée à Paris. Nous l'avons habitée pendant 3 ans et elle nous a menés de la Hollande à la Crête, en Grèce.
 Beaucoup plus spacieux, ce J-7 modifié fut notre maison pendant 3 ans. Quel luxe, après l'épisode 2Cv! Mais attendez, le plus beau est à venir...
 Le monstre Notin baptisé «Le Sauvage» faisait tourner bien des têtes sur son passage! Il fut notre nid pendant près de 9 ans. Photo de gauche, en Andalousie; photo de droite, à Las Palmas, Îles Canaries.
 Corvée de lavage-séchage à Arromanches-les-Bains, un des lieux du débarquement de Normandie.
 Cliquez sur les photos pour visiter l'intérieur du «Sauvage»
L'arrivée dans notre vie du camion «Le Sauvage» représentait enfin un grand confort par rapport à ce que nous avions connu avec la 2Cv et le J-7: eau chaude et froide, douche, chauffage, panneaux solaires, radio onde-courtes, système de son stéréo, deux grands lits et un plus petit, armoires et penderie spacieuse, grands rangements sous le camion pour les vélos, cartons perforés, outils, réserves d'eau potable et d'eaux usées. La prochaine fois que vous ouvrirez le robinet de l'évier de votre cuisine ou de votre douche et que l'eau coulera à torrent, songez que lorsque l'on vit dans un camion à deux, chaque goutte d'eau compte, car il faut d'abord trouver cette eau, l'entreposer, l'économiser, la gérer. Et lorsque usée, cette eau doit être à nouveau entreposée, gérée, jusqu'au déversement dans un endroit approprié. Et cela n'est qu'un détail. L'intendance est une partie très importante de la vie d'un musicien de rue habitant un camion. De plus, quand non seulement on y vit, mais qu'en plus on travaille de ville en ville, de pays en pays, tout doit être parfaitement rôdé pour que cela ne devienne pas l'enfer. Le musicien de rue est continuellement confronté à une multitude de problèmes: gérer ses costumes (lavage, repassage), entretenir ses instruments de musique, garer son véhicule près du lieu de travail, prévoir les temps de déplacement d'un lieu de travail à un autre, effectuer l'entretien et les réparations de son camion. Il doit aussi s'occuper des contrats, confirmer ses engagements, rappeler les responsables de festivals ou de fêtes, s'occuper des affiches de spectacles, du renouvellement des CD épuisés...Il est à la fois l'artiste et l'agent. Mais en retour, combien gratifiante est cette vie faite d'imprévus et de rencontres exceptionnelles, de découvertes et d'expériences uniques! 8- LE RETOUR DE L'ENFANT PRODIGUE De retour au Québec après toutes ces années de vadrouille, Marco découvre enfin l'ordinateur et la photo numérique, tous deux nés pendant son long périple dans plus de dix-sept pays d'Europe échelonné sur plus de quatorze années. Nouvelle gifle, nouvelle passion, nouveau coup de foudre, il n'en fallait pas plus: la photo numérique enjôle notre photographe repenti, l'ordinateur charme ce futur webmestre passionné. 9- UN WEBMESTRE EST NÉ! De fil en aiguille, il crée ses premiers sites web, fait le référencement de ceux-ci. Passionné comme dix, il lit, s'informe, fouille internet pour mieux comprendre les mécanismes du référencement. Ce nouveau métier devient non seulement une passion, mais une obsession. Il décortique, analyse, triture, épluche inlassablement les algorithmes de Google, de Yahoo, de Msn, afin d'en connaître les secrets les plus intimes, de comprendre leur fonctionnement souvent anarchiques et obscurs. Bientôt, il arrive à positionner ses propres sites et ceux de ses clients aux toutes premières places des résultats de recherche, pour la plus grande satisfaction de ceux-ci. Par la suite, plusieurs webmestres moins initiés que lui aux techniques du positionnement sur les engins de recherche lui confient le référencement des sites de leurs propres clients. 10- BOUCLÉE, LA BOUCLE! Toujours aussi passionné qu'il l'était à l'âge de treize ans, Marco devenu grand consacre aujourd'hui la majeure partie de son temps à bichonner les sites web de ses clients et à étudier le comportement des moteurs de recherche afin de maîtriser les algorithmes de ceux-ci.  «Vivre obstinément ses rêves, même les plus fous, c'est ça pour moi la vie.»
Son nouveau train électrique s'appelle l'ordinateur, ses voies ferrées sont les fils de la grande toile du World Wide Web. Comme quoi, souvent dans la vie, les boucles se referment... 11- DEUX PETITES ANECDOTES Pour terminer ces deux petites anecdotes: un jour alors que nous chantions dans le marché de Bergerac, une petite fille est descendue de la maison derrière nous et nous a remis un bout de papier sur lequel sa maman avait écrit: «Je viens d'accoucher d'une belle petite poupée rose comme votre orgue et je vous remercie d'avoir bercé mon accouchement de vos chansons et de votre musique si nostalgique. Pendant que vous chantiez, un magnifique bébé est né! Jamais je n'oublierai cette ambiance. Merci encore...» Une autre fois, à l'heure de l'apéro sur la rue Nationale à Villefranche-sur-Saône non loin de Lyon, un petit billet entourant une pièce de monnaie est tombé d'une fenêtre à nos pieds. On pouvait y lire: «Je suis dentiste au deuxième étage et grâce à vos chansons, mes clients avaient la bonne humeur sur leur visage tout le temps que je leur pratiquais mes traitements. Merci pour la musique. P.S.- Je vous engage, si vous êtes libres samedi dans deux semaines, pour une petite fête avec des amis à ma maison de campagne. J'aimerais beaucoup que vous y soyiez. Je vous rejoins dès le départ de mon client actuel afin d'en discuter ». C'est ça, la vraie vie! Les 3 sites web d'Abora: |